Notre histoire

Du cabinet de psychologue au logiciel souverain

Comment une frustration clinique est devenue une entreprise éditrice.

Avant le psychologue, le passionné d'informatique

Rémy Hudon, fondateur de Kymélis, n'a pas appris à coder à l'université — il a appris en jouant. Gamer depuis l'âge de 6 ans, il a reçu son premier ordinateur personnel à 12 ans, et n'a plus jamais vraiment décroché. Les jeux, les configurations hardware, les petits scripts d'automatisation, les communautés en ligne — tout ça a construit un certain rapport à la machine : exigeant, curieux, jamais intimidé par la complexité.

Cette passion est restée en arrière-plan pendant toutes les études de psychologie. Elle s'est réveillée bien plus tard, quand les logiciels de cabinet existants ont commencé à sérieusement l'agacer.

Un psychologue clinicien, deux continents

Rémy est psychologue clinicien. Formé en France, il a eu l'occasion d'exercer quelques années au Canada — une expérience professionnelle qui l'a durablement marqué sur un point précis : la tenue de dossier.

De l'autre côté de l'Atlantique, la rigueur documentaire n'est pas une option. Chaque observation, chaque hypothèse, chaque décision clinique doit pouvoir être retracée, datée, auditée — non pas par bureaucratie, mais parce que c'est la condition d'une pratique véritablement éthique et défendable. Le dossier est le miroir du raisonnement clinique.

De retour en France, le contraste a été sévère.

L'impasse des logiciels existants

Les logiciels de cabinet sur le marché français posaient tous le même problème fondamental : ils étaient conçus pour la facturation, pas pour la clinique. Les champs libres tenaient lieu de dossier, les exports étaient impossibles ou propriétaires, les mises à jour rares, les sous-traitants hors d'Europe rarement documentés.

Pire : la plupart masquaient leur infrastructure. On ne savait pas où étaient stockés les dossiers, qui y avait accès, comment ils étaient chiffrés — s'ils l'étaient. Pour un professionnel soumis au secret médical, c'était intenable.

Il a essayé. Plusieurs fois. Chaque changement de logiciel coûtait du temps clinique perdu, et ne résolvait jamais le problème racine.

Un passage par les applications mobiles

Kliniacare n'est pas le premier projet logiciel de Rémy. Avant la plateforme SaaS, dans le cadre d'une autre entreprise qu'il dirigeait, il a conçu et livré deux applications mobiles — de l'idée initiale au déploiement final. Ces projets l'ont mis face aux vraies contraintes d'un produit numérique : choix d'architecture, compromis entre ambitions et délais, expérience utilisateur à peaufiner, retours terrain à intégrer.

Ce parcours a laissé des réflexes : ne jamais lancer un produit sans l'avoir utilisé soi-même, écouter les gens qui s'en servent avant les consultants, et ne pas confondre « fonctionnalité cochée » avec « problème résolu ».

Écrire son propre outil (d'abord pour soi)

Fort de cette expérience, Rémy a commencé à coder — en parallèle de sa pratique clinique — un outil pour son propre cabinet. Simplement pour lui. Pas pour le vendre, pas pour lever des fonds — juste pour pouvoir tenir ses dossiers proprement, exporter ses données quand il voudrait, et dormir tranquille sur la question du secret médical.

Il apprend en marchant : TypeScript, Next.js, PostgreSQL, chiffrement AES-256. Il s'entoure d'une intelligence artificielle comme binôme de programmation. Il lit la réglementation RGPD et HDS article par article.

Six mois plus tard, il a un outil qui marche.

Les confrères s'en aperçoivent

Ce sont d'abord des consœurs et confrères psychologues qui ont demandé : « et je pourrais l'utiliser moi aussi ? ». Puis des neuropsychologues. Puis des orthophonistes qui voyaient le copilote administratif et le cryptage au repos, et qui disaient : « nous, c'est exactement le même problème ».

La question est vite devenue : faut-il en faire un produit, avec une vraie société derrière, une assistance, une roadmap, un hébergement garanti ?

Kymélis, la maison d'édition

Kymélis est la structure juridique qui édite et opère ces logiciels. Une SASU française, basée à Paris, dont le rôle est triple :

  • Éditer les logiciels, en maintenir la qualité, la sécurité, la conformité.
  • Héberger en France les données des cabinets, sur une infrastructure souveraine certifiée HDS.
  • Protéger la relation de soin : aucun logiciel Kymélis n'exploite les données cliniques à des fins commerciales, publicitaires ou d'entraînement de modèle non consenti.

Et maintenant ?

Le premier produit édité par Kymélis, c'est Kliniacare — la plateforme SaaS pour les neuf métiers du soin libéral (psychologie, neuropsychologie, kinésithérapie, orthophonie, diététique, podologie, ostéopathie, sophrologie et ergothérapie). D'autres outils viendront, toujours avec la même exigence : qu'ils soient nés d'un besoin réel, testés par des praticiens réels, hébergés en France, auditables, et exportables.

Si vous reconnaissez dans cette histoire quelque chose de votre quotidien, venez nous dire ce dont vous avez besoin. C'est comme ça que ça commence — toujours.